Histoire de la franc-maçonnerie en Bretagne administrative jusqu’en 1944

Article paru dans la revue du Grand Orient de France, Humanisme 2006/3 n° 274, p. 95-103, sous le titre « Deux siècles de franc-maçonnerie en Bretagne », et disponible sur cairn.info. Nous avons souligné les villes du Pays vannetais,

La franc-maçonnerie bretonne avant la Révolution

Si l’on veut bien considérer que les premières loges maçonniques françaises sont nées entre 1730 et 1740, il faut constater que la Bretagne ne fut pas en retard pour voir, sur son territoire, briller la lumière maçonnique.

Le 11 décembre 1743, Louis de Bourbon Condé, comte de Clermont est élu Grand Maître de la Grande Loge de France. Il est un des directeurs perpétuels de la Compagnie des Indes. La ville de Lorient (qui, à cette époque était orthographiée L’Orient) a été créée en 1666 pour servir de chantier et de siège à la Compagnie des Indes orientales. Il n’est donc pas étonnant que, dès le début de 1744, une loge appelée L’Union allume ses feux à Lorient. Elle est composée presque exclusivement de frères ayant un rapport avec la Compagnie : capitaines de vaisseaux, armateurs, constructeurs … L’année suivante, le 4 décembre 1745, c’est un autre grand port breton, Brest, qui va voir la création d’une loge maçonnique, L’Heureuse Rencontre. Elle aussi est animée par des marins, armateurs, négociants. C’est également en cette fin de première moitié du XVIIIe siècle, en 1746, que, sous l’égide de la loge brestoise, va s’ouvrir, à Morlaix, autre port breton important, la loge La Noble Amitié. Enfin, c’est aussi à cette époque, en 1748, qu’est fondée à Rennes, capitale de la Bretagne, la loge de La Parfaite Union.

Comme partout, les renseignements sur ces loges de la première moitié du XVIIIe siècle, sont peu nombreux, tant pour l’activité que pour la composition des ateliers. Certaines même, comme La Noble Amitié à Morlaix, se mettent en sommeil peu de temps après leur création. Il faut attendre les années soixante et même plus tard, la création du Grand Orient de France (1773) pour, à l’occasion de demandes de constitutions (ou de reconstitutions), avoir des renseignements précis concernant les loges maçonniques bretonnes.

Le petit tiers de siècle entre 1760 et la Révolution va voir la franc-maçonnerie s’implanter avec force et diversité dans les principales villes de Bretagne. Outre les villes dont la loge est antérieure à 1760, de nouveaux ateliers vont naître à Dinan en 1760 (La Tendre Fraternité), Redon en 1762 (Saint- Jean de Jérusalem), Quimper en 1763 (La Consolante Maçonne devenant en 1768 L’Heureuse maçonne), Saint-Brieuc en 1765 (La Vertu triomphante), Saint-Malo en 1772 (La Triple Essence), Guingamp en 1772 également (L’Etoile des Maçons), Châtelaudren en 1774 (La Sincère Union), Moncontour en 1776 (La Tendre Union), Ploërmel également en 1776 (La Parfaite Union), Fougères en 1777 (L’Aimable Concorde), Saint-Servan en 1785 (L’Ecole des Mœurs), Auray en 1791 (La Douce Attente).

Certaines de ces loges auront une existence très éphémère : deux années pour Saint-Servan, trois pour Châtelaudren et pour Ploërmel, sept pour Moncontour, huit pour Fougères, douze pour Redon. D’autres subsisteront jusqu’à la Révolution et reprendront leurs travaux au début du XIXe siècle.

Plusieurs loges vont se doter de loges d’adoption recevant femmes et filles de francs-maçons. C’est le cas de L’Heureuse Alliance à Lorient, de La Tendre Fraternité à Dinan, de L’Heureuse Rencontre à Brest, notamment.

La composition socioprofessionnelle des loges est variable selon les Orients. A Lorient, on trouve surtout des marins et des négociants, comme à Dinan et Saint-Malo. Rennes compte bon nombre de membres du parlement de Bretagne ainsi que des avocats. Quimper et Morlaix comptent des militaires. Pratiquement toutes les loges ont plusieurs membres qu’on pourrait qualifier de “titulaires royaux de la justice ou des finances”. Les trois états sont représentés. Les bourgeois sont les plus nombreux. La noblesse est présente dans pratiquement toutes les loges. Le clergé, plus rare, se retrouve quand même dans plusieurs ateliers.

Ces différences de condition, de classe, de richesse vont assez souvent être source de tensions dans les loges, aboutissant à des essaimages plus ou moins réalisés en douceur. En 1773, les membres de L’Heureuse Rencontre de Brest s’opposent à l’octroi de constitutions à La Constante sous prétexte que cette dernière est composée d’“hommes barbares qui souvent ont mérité eux-mêmes d’être traités en esclaves et se dégradent journellement en exerçant un métier qui fait honte à l’humanité”. A Morlaix, en 1777, des membres de La Noble Amitié quittent la loge pour fonder L’École des Mœurs. Ils expliquent à l’obédience que “Nous n’avions pas les qualités nécessaires pour sympathiser ensemble, par conséquent, la séparation était inévitable. Ce défaut d’assortiment dans les caractères faisait naître, sur presque tous les objets à discuter, des contestations éternelles qui se soutenaient de part et d’autre avec vivacité et se terminaient souvent avec aigreur. ” De telles tensions aboutissant à des séparations se retrouveront à Quimper, Lorient, Rennes, Dinan.

A la veille de la Révolution, quinze villes de Bretagne possédaient, ou avaient possédé au moins une loge maçonnique. En 1789, la province comptait seize loges en activité.

La Révolution et l’Empire

A la Révolution, les loges bretonnes, comme partout ou presque, interrompent leurs travaux. Une des causes de cette cessation d’activité est l’investissement des frères dans le processus révolutionnaire. “Notre Atelier s’est ressenti comme les autres de la nécessité où sont les citoyens de s’occuper de la chose publique” écrit, le 1er octobre 1793, le vénérable de la loge d’Auray dans un courrier au Grand Orient. Le vénérable de L’heureuse Rencontre de Brest, constate, lui, le 24 février 1792 que “l’esprit maçonnique ayant été tellement propagé dans les assemblées politiques, nos Temples sont, pour ainsi dire déserts”. L’engagement des francs-maçons est réel avant même le début de la Révolution : à Lorient, huit des douze rédacteurs des cahiers de doléances de la ville sont membres de la loge L’Union.

Les francs- maçons (ou futurs) bretons seront eux aussi très nombreux, à la fin de la Révolution ou sous l’Empire, à siéger comme parlementaires.

Parmi les députés bretons aux États généraux de 1789, on compte quinze francs-maçons (treize du tiers état et deux du clergé). Dans le Morbihan, six des neuf députés du tiers état sont initiés. Les francs- maçons se retrouvent aussi souvent parmi les administrateurs de départements, de districts, maires, présidents de tribunal, procureurs, accusateurs publics…

Les francs-maçons (ou futurs) bretons seront aussi très nombreux, à la fin de la Révolution ou sous l’Empire, à siéger comme parlementaires : Assemblée législative, Convention, Conseil des Cinq-Cents, Conseil des Anciens, Corps législatif, Conseil des Cent-Jours. Au début du XIXe siècle, la loge vannetaise La Philanthropie ne compte pas moins de neuf parlementaires, ex ou futurs.

Durant le Consulat ou l’Empire, tous les orients bretons ayant une loge au début de la Révolution vont reprendre leurs travaux “force et vigueur”, à l’exception de la loge d’Auray. De nouveaux orients vont voir s’allumer des feux pendant cette période : Vannes en 1801 (La Philanthropie), Belle-Ile également en 1801 (L’Unité), Lamballe en 1802 (Union Philanthropique), Lannion la même année (La Paix), Hédé en 1809 (Nature et Philanthropie).

La période de l’Empire va être très faste pour la franc-maçonnerie bretonne. Les membres des loges se recrutent surtout dans les administrations municipales ou départementales, la justice, l’armée. Un peu partout, on peut aussi remarquer une arrivée en force des négociants dans les loges. En 1807, ils représentent 21 % de l’effectif de la loge lorientaise L’Union. Les grands commis de l’Empire n’hésitent pas à fréquenter les loges. Jullien, préfet du Morbihan de 1801 à 1814, était membre de la loge vannetaise, il en fut vénérable en 1808.

Souvent, dans leurs travaux, les loges vont faire preuve d’une véritable idolâtrie envers Napoléon Bonaparte, surtout durant le Consulat et le début de l’Empire. Le 27 décembre 1804, Féraudy, vénérable de la loge belliloise L’Unité, parle de “ce grand homme, animé du véritable esprit maçonnique [qui] s’est empressé de cicatriser les plaies de cette révolution si désastreuse dont tant de citoyens probes et vertueux ont été les malheureuses victimes”. Il poursuit en déclarant que “grâce à Napoléon, le vaisseau de la patrie a été sauvé du naufrage ; une nouvelle dynastie commence ; ouvrons les fastes de notre histoire…” Les membres de L’Union philanthropique de Lamballe vont plus loin. Le 28 décembre 1806, ils créent un nouveau rituel à la gloire de l’Empereur :

Le vénérable maître : Frère premier surveillant, d’où venez-vous ?

Réponse : de Lodi.

Demande : par où avez-vous passé ?

Réponse : par Arcole et Marengo.

Demande : quelle route avez-vous prise ensuite ?

Réponse : celle d’Austerlitz et d’Iéna.

Demande : quelle heure est-il ?

Réponse : l’heure où la maçonnerie française a retrouvé toute sa splendeur et sa gloire.

Dans ce nouveau rituel, le mot de passe est LAMAI (initiales de Lodi, Arcole, Marengo, Austerlitz, Iéna). Le 20 avril 1806, les frères de La Parfaite Union de Rennes ont inauguré, en grande pompe, dans leur temple, un buste de l’empereur. Ils seront imités, trois ans plus tard, par les membres de La Triple Essence de Saint-Malo. Sur le socle de leur buste, ceux-ci écrivent : “Gloire à toi, homme prodigieux, qui semble n’avoir eu autant d’ennemis à vaincre que pour avoir plus d’heureux à faire.”

Restauration, Monarchie de Juillet, Deuxième République, Second Empire

La fin de l’Empire et la Restauration vont être marquées par une importante diminution des effectifs et de l’influence maçonnique en Bretagne. Certaines loges semblent se saborder à l’avènement de Louis XVIII ; c’est le cas de L’Union de Lorient et de L’Unité de Belle-Ile. D’autres, voyant leurs effectifs fondre, vont disparaître durant la Restauration : L’Etoile des Maçons de Guingamp en 1817, de La Tendre Fraternité de Dinan en 1823, de La Vertu triomphante de Saint-Brieuc en 1825… Il n’y a eu, en Bretagne, aucune création de loge entre 1809 (Hédé) et 1838 (Lorient). Durant cette même période, douze loges ont cessé leurs travaux.

L’éveil politique des loges maçonniques bretonnes, ou du moins sa concrétisation, va se faire lentement durant la Restauration ou la Monarchie de Juillet. Signalons tout de même l’accueil de réfugiés politiques portugais dans les loges de Brest et de Rennes en 1829 et 1830. C’est plutôt par des actions caritatives que la franc-maçonnerie se fait connaître dans la cité. La loge lorientaise Nature et Philanthropie allume ses feux en 1838. Dès 1842, elle se fait remarquer dans le grand port morbihannais par “de nombreuses distributions de chaussures, bois et pommes de terre”. La même année, en rapport avec la municipalité, elle accorde une bourse à des enfants “indigents, sages et laborieux”.

Les documents manquent pour connaître avec précision les positions des francs-maçons bretons à l’avènement de la Deuxième République. A cette époque, la lumière maçonnique ne brille, en Bretagne, qu’à Rennes, Brest et Lorient.

Suite au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte, quatre francs-maçons lorientais, ardents républicains sont condamnés à l’exil : hors de France pour Ratier (alors vénérable de la loge) et Rondeaux (secrétaire), hors de cinq départements bretons pour Beauvais (ancien maire de la ville) et Rocher. Ils ne rentreront que dans la deuxième partie du Second Empire.

La IIIe République

La Bretagne a mis du temps à intégrer les idéaux de la République. Durant le dernier tiers du XIXe siècle, elle est restée plutôt conservatrice et royaliste. De ce fait, seules Rennes, Brest et Lorient, déjà citées, vont continuer pendant cette période à faire briller de façon durable la lumière maçonnique. Des tentatives d’implantations de loges ont bien eu lieu dans des villes moyennes mais les feux ne brûlèrent que quelques années : La Triple Essence à Saint-Malo de 1876 à 1881, Progrès et Liberté à Vannes de 1885 à 1890, L’Étoile armoricaine à Quimper de 1887 à 1892.

La fin du XIXe siècle et le début du XXe vont voir la franc-maçonnerie bretonne prendre position activement d’une part en faveur de la République et, d’autre part, contre le cléricalisme et pour la séparation des Églises et de l’État. Dès le 19 juin 1891, la loge rennaise La Parfaite Union fait parvenir au GODF un vœu réclamant “la suppression de la main-morte ecclésiastique, la séparation des Églises et de l’État, l’épuration complète du personnel réactionnaire pullulant dans les administrations de l’État, des départements et des communes, l’invitation aux pouvoirs publics de n’admettre aux concours des fonctions dans les administrations que les élèves des écoles du gouvernement.” Le 1er juillet 1897, les francs-maçons lorientais de Nature et Philanthropie organisent une conférence ayant pour sujet “l’Église et l’Université”. Le secrétaire de la loge écrit que “le conférencier, devant une salle archi comble, a développé éloquemment son sujet et a fait toucher du doigt la lutte séculaire existant entre ces deux grands corps sociaux.” Le 17 décembre 1902, la loge brestoise Les Amis de Sully propose “l’interdiction, dans toutes les écoles primaires publiques des deux sexes, de tout exercice religieux et défense expresse au personnel de conduire les élèves aux cérémonies d’un culte quelconque.” Le 28 août 1905, Firmin Montoux, membre de La Parfaite Union et habitant Nozay en Loire-Atlantique) écrit au GO :

“Parmi nos frères, y aurait-il un médecin qui se serait adressé à vous pour lui indiquer un endroit où il pourrait se créer une situation. Dans l’affirmative, je vous serais reconnaissant de bien vouloir lui indiquer la commune de Nozay où il pourrait venir s’établir.

Nous avons ici deux médecins, mais tous les deux sont réactionnaires à tel point qu’ils ont refusé de soigner l’un de mes enfants parce que je suis franc-maçon…

Le 30 janvier 1906, la toute jeune loge Science et Conscience et Ernest Renan réunis de Saint-Brieuc :

“Émet le vœu que le gouvernement, dans l’intérêt public en général et de celui des naïfs Bretons en particulier, fasse dissoudre, le plus tôt possible, cette vaste et puissante association (dirigée par un jésuite fanatique et violent) appelée congrégation des filles du Saint- Esprit dont la maison mère est située à Saint-Brieuc, rue des capucins.”

Pour concrétiser leur foi en la République et leur laïcité, les francs-maçons bretons n’hésitent pas à s’investir dans l’érection de statues à la gloire de personnages qu’ils jugent importants. Ils sont à l’origine des monuments célébrant Ange Guépin à Pontivy (1885), Hoche à Quiberon (1902), Ernest Renan à Tréguier (1903).

Naturellement, les élus réactionnaires et leur presse accusent les francs-maçons de tous les maux. En février 1906, de Lamarzelle, sénateur conservateur du Morbihan déclare lors d’une conférence donnée à Vannes :

“La loi du 9 décembre 1905 est un acte d’apostasie officielle. La France, formée par l’Église, a été grande, prospère, tant qu’elle a été fidèle à sa mère. Dès que décroît son amour, son étoile pâlit. Or, ce n’est pas seulement avec l’Église que les persécuteurs ont rompu : c’est avec Dieu (…) Ceux qui ont voté la rupture avec Rome ne sont pas la France ; ils sont plutôt la franc-maçonnerie.”

Du même acabit, à la même époque, un tract anonyme circule à Vannes : “Docile au mot d’ordre de la franc-maçonnerie, le Sénat vient d’achever l’œuvre néfaste commencée par la Chambre (…) Les vœux de la franc-maçonnerie seront alors remplis et ses haines satisfaites, si, à défaut de prêtres pour assurer partout la continuité de la vie religieuse, le nombre augmente des naissances sans baptême, des mariages sans bénédiction, des sépultures sans espérance !”

L’affaire des fiches, à l’automne 1904, va toucher les trois principaux centres maçonniques bretons. Joseph Talvas est maire de Lorient et vénérable de Nature et Philanthropie lorsqu’éclate l’affaire. Mis en cause, il se donne la mort le 5 novembre 1904. Corentin Le Meur, instituteur, vénérable de la loge brestoise Les Amis de Sully est également accusé. Il avoue ne pas avoir voulu retranscrire les rapports que lui avaient donnés des officiers francs-maçons, se contentant des observations d’ordre philosophique. Dans une lettre adressée le 7 décembre 1904 au GODF, il explique qu’il est injurié depuis trois semaines dans les journaux de la réaction et que, le vendredi précédent, il a dû se défendre “revolver à la main, contre quatre portefaix payés pour lui faire un parti.” Mars Abadie, vénérable de La Parfaite Union de Rennes est poursuivi en justice puis provoqué… en duel par les officiers qu’il aurait dénoncés.

Ce début de XXe siècle va aussi voir l’allumage des feux, à Tréguier, le 10 décembre 1903, de l’éphémère loge Ernest Renan. Un peu plus d’un an plus tard, le 20 février 1905, non loin de là, à Saint-Brieuc, c’est la loge Science et Conscience qui est installée. Le 14 septembre 1905, les deux loges fusionnent sous le titre distinctif de Science et Conscience et Ernest Renan réunis.

En cette période, les nouvelles obédiences vont émerger en Bretagne. Le 12 août 1906, la loge n° 27 du Droit humain allume ses feux à Auray. C’est la première loge de cette obédience dans tout l’Ouest de la France. Elle fonctionnera jusqu’après la Première Guerre mondiale. Le 22 mars 1908, dans le même orient, c’est la loge La Solidarité bretonne de la Grande Loge de France qui est installée. Elle émigrera à Lorient en 1913, dans des locaux qu’elle occupe toujours. Notons que les principaux fondateurs de ces deux loges venaient de la loge lorientaise du GO. Le 30 août 1913, la loge L’Heureuse Rencontre de la GLDF allume ses feux à l’orient de Brest.

Jusqu’en 1940, les francs-maçons bretons vont s’efforcer de répandre les idéaux de la République et de la laïcité. Ils seront souvent fortement engagés dans la vie politique, sociale, associative et syndicale. Est-ce un record national ? Henri Macrez sera, sans discontinuer, vénérable maître de la loge Nature et Philanthropie de Lorient de 1904 à 1939.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la franc-maçonnerie bretonne subit bien sûr le sort réservé à l’Ordre : interdiction, arrestation des principaux membres. Le 20 juin 1940, les locaux maçonniques rennais sont mis sous scellés par l’occupant. La Wermacht y installe un magasin de chaussures et d’habillement. Les soldats allemands occupent également le temple brestois et le transforment en cantine. Il sera détruit dans les bombardements qui rasent pratiquement la ville de Brest. Le temple lorientais de Nature et Philanthropie connaîtra le même destin.

Yannic ROME


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