Municipales 2026 à Auray : le maire écolo-gauchiste délogé, l’insécurité en question ?

Article paru sur Breizh-Info le 23 mars 2026 dans une version légèrement remaniée, et rédigé par nos soins. Nous publions ici la version d’origine, avec quelques corrections mineures.

Madame le maire n’a pas convaincu ses administrés : Claire Masson, en poste depuis 2020, a été battue le 22 mars au second tour des élections municipales à Auray, 14 400 habitants dans le sud du Vannetais. C’est le chef de l’opposition de centre-droit, Françoise Naël, sans étiquette, qui l’a emporté avec 55,67 % des suffrages exprimés, à la suite du retrait du troisième candidat, Joseph Rochelle (Union de la Droite et du Centre), qui avait obtenu 16,22 % le 15 mars. Au premier tour, Madame Naël avait légèrement devancé Madame Masson, à 42,41 % contre 41,37 %.

De 2001 à 2008, celle-ci fut adjointe à l’environnement auprès de Michel Le Scouarnec, maire communiste de la ville entre 1995 et sa démission en 2012. Encartée à Europe-Écologie-Les Verts, Claire Masson avait présenté une liste « citoyenne » en 2020, et s’était imposée au second tour avec 42,6 % des voix, face aux trois candidats issus de la majorité sortante de centre-droit, qui s’étaient tous maintenus. Tyrannie covidienne oblige, l’abstention avait dépassé les 52 %. Autant dire que le socle électoral de la majorité écolo-gauchiste était fragile.

De son côté, comme nous l’avons évoqué, le centre-droit s’était profondément divisé. Le maire élu en 2014 Jean Dumoulin avait été désavoué par une partie de son camp en 2018, contraint à la démission, puis remplacé par le chef de la fronde Joseph Rochelle, candidat malheureux en 2020 puis 2026. De 2014 à 2018, Françoise Naël fut adjointe à la Jeunesse. Elle a par ailleurs travaillé dans le logement social.

Durant sa campagne, le désormais nouveau maire a insisté sur les valeurs familiales, rappelant que son père Michel Naël avait été le premier édile (apparenté UDF) d’Auray de 1977 à 1995. Elle n’a pas jugé utile de préciser qu’elle est également la compagne de Jean Dumoulin. Elle a mis en avant l’insécurité, proposant vidéoprotection et augmentation des effectifs de police municipale, imprimant sur un tract des chiffres, sans années de comparaison, contestés par la mairie sortante, qui envisage une procédure en diffamation. Selon les données du ministère de l’Intérieur, la commune a connu en 2024 :

  • 169 vols sans violence contre des personnes, contre 79 en 2020 (note : 137 en 2016)
  • 196 destructions et dégradations volontaires, contre 148 en 2020 (169 en 2016)
  • 112 violences physiques (y compris familiales), contre 86 en 2020 (26 en 2016)
  • 99 escroqueries et fraudes aux moyens de paiement, contre 48 en 2020 (63 en 2016)
  • 76 vols de véhicules, contre 24 en 2020 (39 en 2016)
  • 50 violences sexuelles, contre 16 en 2020 (13 en 2016)
  • 32 cambriolages de logement, contre 16 en 2020 (43 en 2016)
  • 11 infractions au trafic de stupéfiants, contre 21 en 2020 (chiffre indisponible pour 2016).

En parallèle, le nombre d’Africains marchant et roulant dans les rues d’Auray grossit à vue d’œil depuis une dizaine d’années. Peut-être faut-il y voir une cause. Il serait malhonnête d’attribuer à l’équipe de Claire Masson la responsabilité de la situation migratoire nationale, mais son logiciel idéologique l’a empêchée d’en limiter les effets sur place. La nouvelle majorité, qui se revendique de « droite modérée », se contentera peut-être de résoudre le problème modérément.

François TANGUI

Photographie : port de Saint-Goustan à Auray. Crédit : PierreGross @ Pixabay.


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