Dans ce long mais remarquable texte, André Gandillon émet une réflexion sur le vocabulaire, qui est l’occasion de retracer l’histoire de l’Occident depuis le IVe siècle. Du partage de l’Empire romain au mondialisme actuel, beaucoup de sujets sont évoqués : le développement du catholicisme, sa pensée, l’importance politique de Clovis et de Charlemagne, l’économie, la rupture protestante, la franc-maçonnerie ou plus largement le rôle du judaïsme talmudique dans le modelage du monde moderne. Article paru en deux parties dans Rivarol n° 3692 (21 janvier 2026) et n° 3693 (28 janvier 2026). Nous avons souligné la première occurence des noms de personnalités.
La période de la Guerre froide a auréolé l’Occident à direction états-unienne, du titre de « monde libre », face au bloc soviétique, exempt de toute considération critique ; et depuis 1991, le terme “Occident” bénéficie d’une sorte de rente de situation dont la réévaluation s’impose au fur et à mesure que, profitant de sa situation de superpuissance planétaire qui commence seulement à être contestée, sa véritable nature s’est révélée de manière toujours plus évidente. Nous-mêmes, inscrits dans un courant de pensée depuis longtemps critique de cet “Occident”, avons tendance à nous définir comme des Occidentaux, et cela, parce que, dans notre mémoire, l’Occident continue de signifier l’Occident chrétien, la chrétienté. Il y a là une faute car il existe une antinomie entre l’Occident qui promeut le woke, les LGBT, qui combat le catholicisme, et l’Occident qui a suscité la pensée d’un saint Thomas d’Aquin. Le fossé est abyssal, l’opposition totale. Une mise au point est donc nécessaire. À Rivarol, depuis 75 ans, et c’est notre honneur et notre fierté, nous avons toujours veillé à la précision et à l’exactitude des concepts, des mots. Car la bataille de la terminologie, que mènent nos ennemis, est essentielle. Il faut toujours savoir de quoi l’on parle. Et ne pas se laisser manipuler ou abuser.
Spiritualité et magistère
Définir le sens des mots est primordial pour éviter toute confusion des idées. Dans la Bible, le premier ordre que Dieu donne à Adam est de nommer les choses. On prête à Confucius le dicton suivant : « lorsque les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté ». La définition du mot “Occident” et de ses dérivés est donc de première importance lorsque l’on aborde les questions de culture et de géopolitique.
Le terme Occident est apparu en 396 lorsqu’à la mort de l’empereur Théodose, l’Empire romain fut partagé entre ses deux fils, Arcadius recevant la partie orientale, à dominante grecque, Honorius recevant la partie occidentale, à prépondérance latine. Cette division a traversé les siècles et nous la retrouvons aujourd’hui, grosso modo, entre le monde chrétien orthodoxe, avec la Russie pour élément central, et le monde “romain”, le latin en étant la langue de culture, dénommé comme l’Occident, la ligne de séparation restant dans les Balkans celle fixée en 396, servant de frontière entre les Croates catholiques et les Serbes, orthodoxes. Permanence têtue de l’histoire…
Il s’agit donc d’une aire civilisationnelle dont les contours sont facilement décrits. Toutefois, pour en définir l’être, il faut connaître l’âme qui l’habite, sachant qu’une civilisation se définit d’abord par le souffle spirituel qui l’anime et lui permet, par le feu intellectuel qu’elle nourrit, de rayonner sur une aire de peuples plus ou moins étendue. Les conditions d’existence matérielle ne prennent toute leur puissance, ne se développent bénéfiquement qu’en étant nourries de ce souffle spirituel et de l’efflorescence intellectuelle qui en explicite et en développe l’essence, les potentialités, dans l’universel. Il y a là une sorte d’hylémorphisme sociétal que le matérialisme ambiant ne cesse d’ignorer et de rendre inintelligible.
La religion, qui est la forme commune et sociétale de la spiritualité dans une aire de civilisation donnée, ne se résume pas seulement en une liturgie, des prières, des rites. Elle est bien plus : il s’agit d’une représentation cohérente du monde qui stabilise la pensée et, par suite, une société, en lui donnant des repères stables et rassurants à partir desquels elle peut se développer solidement, sûrement, sereinement, en ayant foi en son destin.
Factuellement, cette spiritualité — qui peut être positive, négative, divine, voire satanique — s’incarne temporellement dans un magistère, autrement dit une institution humaine, qu’elle soit de fait ou institutionnalisée.
Il s’agit donc, après avoir dépeint la spiritualité qui anime une aire civilisationnelle, d’identifier le magistère qui la porte.
Occident latin et chrétien
Ainsi, l’Occident historique, traditionnel, est cette partie latine de l’Empire romain qui a éclos à la face du monde pour la première fois dans l’État carolingien, lequel est l’héritier, certes de Rome, mais aussi du monde germano-celtique dont le centre vivant a été dès le Ve siècle l’État mérovingien fondé par Clovis.
La disparition de l’institution impériale occidentale en 476, lorsque le chef ostrogoth Odoacre a renvoyé les insignes impériaux à Constantinople, a laissé la place à un ensemble de royaumes dits “barbares”, à fondement germanique, qui tous étaient de religion chrétienne arienne — c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissaient Jésus-Christ qu’en tant que prophète et non comme Dieu, ce qui faisait que le Dieu trine, enseigné par le magistère papal de Rome (et de Constantinople) était ignoré, voire rejeté. Tous ariens ; sauf un : le royaume franc de Clovis qui, en 496, est passé directement du paganisme au catholicisme romain et trinitaire. Il en est résulté, d’un point de vue politique, l’instauration d’un pouvoir dont la particularité est de n’être plus d’essence totalitaire car la distinction du pouvoir spirituel et du pouvoir politique et la relation libre entre les Personnes divines (Père, Fils, Saint-Esprit, soit Dieu, sa Parole — le “Verbe”, son Esprit) ne permet plus d’absolutiser le pouvoir royal, ce qui institutionnalisait, en quelque sorte, la liberté au sein de la société. Mais bien qu’il soit fondamental pour le développement ultérieur de l’Occident chrétien, que nous pourrions plus justement et sans ambiguïté définir par la “chrétienté”, ce sujet sort du présent propos.
Avec Clovis, le cœur de cet Occident chrétien, de la chrétienté occidentale, allait s’établir dans un espace se situant entre la Loire et le Rhin, à savoir l’Austrasie. Et, à travers les siècles, force est de noter que, jusqu’aux temps présents, la puissance rayonnante de la partie ouest du continent européen est, pour une grande part, demeurée dans cet espace, en passant par les premiers ensembles économiques précurseurs de l’industrie qu’étaient les forges et des grands domaines terriens fondés sur l’usage de l’énergie hydraulique, l’organisation monachiste, avec les Clunisiens, puis les Cisterciens, l’Université de Paris — la Sorbonne —, l’éclosion formidable de l’art ogival dit gothique, l’imprimerie, la musique polyphonique, les premiers centres industriels, jusqu’au XXe siècle où l’automobile est née essentiellement entre France et Allemagne rhénane et où l’aviation a vu le jour sur les bords de la Seine lorsque Henri Farman, sur un avion fabriqué par les frères Voisin, remporta, le 13 janvier 1908, le prix Deutsch de la Meurthe-Archdeacon récompensant le premier kilomètre bouclé en circuit fermé avec décollage et atterrissage normaux, c’est-à-dire autonome et non propulsé comme c’était le cas pour les avions des frères Wright. D’autres découvertes, sur l’énergie atomique notamment, sont nées sur ce territoire ou à ses alentours, et leur développement outre-Atlantique ne saurait faire oublier que, même de nos jours, bien des innovations sont conçues sur ces terres dont nous pourrions symboliquement situer le centre de gravité sur ces Champs catalauniques où Aetius défit Attila en 451.
Comme l’ont noté Henri Pirenne et André Piganiol, la naissance de la Chrétienté occidentale est marquée par le passage de l’axe économique et commercial de l’Europe du bassin méditerranéen à l’axe séquano-ligérien.
La matrice carolingienne
Cette chrétienté occidentale s’affirma sous la forme et l’appellation d’Europe carolingienne, lorsque Charlemagne, fils de Pépin le Bref et petit-fils de Charles Martel, fut couronné « Charles, empereur auguste, gouvernant l’Empire romain, roi des Francs et des Lombards » à Noël 800 à Rome — les dates du calendrier chrétien ayant été instaurées en 753 à partir des travaux de Denys le Petit (le « Comput pascal » paru en 525). On ne parlait pas « d’empereur d’Occident », l’expression n’apparaissant qu’ultérieurement.
Cet empire romain restauré après plus de trois siècles d’interruption se continuera, après le décès du dernier empereur carolingien Arnulf de Carinthie en 899, par son relèvement en 962 que fut le couronnement en tant qu’empereur du roi de Saxe Othon 1er. Ce sera le début de ce Saint-Empire romain germanique qui durera jusqu’en 1806, lorsque Napoléon y mettra fin. Nous pouvons même lui trouver une survivance dans l’Empire autrichien, devenu Autriche- Hongrie en 1867 dont le premier souverain François 1er, n’était autre que l’empereur François II du Saint-Empire, et dans l’empire allemand des Hohenzollern entre 1871 et 1918, l’idée d’Empire survivant dans l’avatar du IIIe Reich.
Le magistère qui insuffla la puissance spirituelle à cette Europe carolingienne est l’Église, et plus précisément l’Église romaine. L’influence de l’Europe carolingienne, cet « Occident chrétien », se manifesta à travers les implantations de l’ordre bénédictin de Cluny avec les monastères clunisiens du Portugal (Coïmbra) à la Hongrie (Pécs, Lébény) et à la Pologne (Strzelno, Torun), et en Scandinavie (Lund) et surtout celles de l’ordre cistercien, cet autre ordre bénédictin, dont le réseau de monastères couvrait toute l’Europe des rives du Tage (Alcobaça) à la Vistule (Wonchak), à la Scandinavie centrale (Nydala, Havedo), à l’Écosse (Kinlass), l’Irlande (Boyle) et au Sud, San Spirito en Sicile et San Stefano en Calabre.
Cette influence de l’Europe carolingienne et chrétienne gagna ultérieurement la Russie, héritière de la tradition gréco-romaine byzantine. Les rappels suivants nous en donneront une idée.
Après que les principautés russes se furent délivrées du joug tatar de la Horde d’Or, le grand-prince de Moscovie, héritier de la Rus de Kiev Ivan III, au XVe siècle, les ayant unifiées, fit venir d’Italie des architectes, tels Fioravanti en 1475 qui reconstruisit la cathédrale de la Dormition au Kremlin, Pietro Antonio Solari (surnommé Piotr Friazine — du russe Fryaz « l’Italien ») auteur du Palais à Facettes vers 1490, Marco Ruffo (dit Marco Friazine) qui, avec Anton Friazine, construisit l’enceinte du Kremlin. Quant à Alosius le Jeune, il construisit douze églises au Kremlin, dont trois subsistent de nos jours.
Deux siècles plus tard, Saint-Pétersbourg a été édifiée avec le concours d’autres architectes venus de l’Ouest européen. Citons Bartolomé Rastrelli qui développa le style « baroque Rastrelli » en construisant le premier palais d’hiver, Peterhof, la cathédrale Smolny (cathédrale de la Résurrection), avant que Catherine II ne le remplace par de jeunes architectes et sculpteurs au style néo-classique tels Vallin de la Mothe (Académie des beaux-arts), Falconet (Monument de Pierre le grand), Jean-François Gillet (vases en marbre du palais de Pavlovsk) et Antonio Rinaldi (Palais de marbre, Palais de Gatchina).
Dans le domaine de la pensée, cet Occident chrétien nous a donné la pensée scolastique dont le représentant le plus important est saint Thomas d’Aquin dont la portée des écrits, nourris de la philosophie d’Aristote, dépasse le seul domaine religieux et théologique et dont le contenu établit les bases sûres de toute pensée saine et claire. Et le développement scientifique moderne, qui a fait la puissance des peuples d’Europe, sera rendu possible après que les décrets pris par l’évêque de Paris, Mgr Tempier, avec l’accord de Rome, en 1277 — condamnant entre autres l’averroïsme sur la foi que certaines thèses étaient contraires au dogme catholique — eurent réorienté de manière féconde la pensée des grands esprits des XIVe et XVe siècles.
Voilà ce qu’est l’Occident chrétien, ou plus exactement le foyer civilisationnel carolingien, nourri de la pensée grecque et romaine et du christianisme.
La fracture de 1517
Si cette expansion de l’Occident chrétien et carolingien va se poursuivre au cours du siècle de Louis XIV et des suivants, cette aire de civilisation va se trouver en quelque sorte altérée, contaminée par le développement d’une spiritualité et surtout d’un magistère, aux multiples formes et manifestations, dont l’apparition marquante, s’il faut donner une date repère est celle de 1517, c’est-à-dire l’affichage des 95 thèses de Luther sur la porte du château de Wittenberg, qui sonnent le début de la Réforme protestante.
Non pas que le magistère catholique n’ait pas déjà été contesté par des mouvements politico-religieux : il y eut avec les Albigeois, le catharisme, une gnose manichéiste fondée sur l’idée que le monde est mauvais et qu’il faut s’en détacher, et qui développait une hostilité envers le mariage et la procréation — cela sonne d’ailleurs étrangement avec les actuels propos, de plus en plus, insistants, sur la dépopulation nécessaire au salut de “Gaïa”, notre “terre-mère”, dont nous pouvons nous demander à quoi elle servira s’il n’y a plus d’hommes pour la mettre en valeur ! Il y eut des mouvements précurseurs de la Réforme protestante, comme celui de Wicliff en Angleterre.
Apparition du magistère talmudique
Mais, tout comme le courant protestant, ces hérésies ont en commun d’avoir été suscitées, nourries par le judaïsme, qui avait traversé les siècles du Moyen Age en arrière-plan. Nous relevons (cité par l’abbé Olivier Rioult dans son ouvrage De la question juive, Ed. Saint-Agobard) ce propos extrait d’un livre de Narcisse Leven Cinquante ans d’histoire : l’Alliance juive universelle, 1860-1910, Paris, 1911 t. 1 p. 7-8, à propos des Albigeois : « Le mal vient là des Juifs ; les Albigeois sont instruits par eux et certains professent que la doctrine des juifs est préférable à celle des chrétiens ; les juifs sont les créateurs de l’hérésie ». Et le rabbin Louis Israël Newman constate qu’il « est possible de rencontrer des positions parallèles, point par point entre les opinions des Cathares et la Cabale » (L.I. Newman, Jewish Influence on Christian Reform Movements, pp. 173-176, cité par O. Rioult, op.cit.).
En ce qui concerne le protestantisme, citons maintenant le polémiste juif se disant « très sincèrement athée » Bernard Lazare (L’Antisémitisme, son histoire, ses causes, 1894, réédition La Vielle Taupe) : « les juifs averroïstes furent les ancêtres directs des hommes de la Renaissance. C’est grâce à eux que s’élabora l’esprit de doute et aussi l’esprit d’investigation. Les platoniciens de Florence, les aristotéliciens d’Italie, les humanistes d’Allemagne vinrent d’eux. C’est grâce à eux que Pomporiazzo composa des traités contre l’immortalité de l’âme, grâce à eux encore que chez les penseurs du XVIe siècle, germa ce théisme qui correspondit à une décadence du catholicisme ».
Lazare, athée et sioniste, détestant Rome et le catholicisme, explique dans son livre que ce furent les juifs qui créèrent l’exégèse biblique et le libre examen fournissant ainsi le support idéologique de la Réforme (p. 163-165).
D’ailleurs, B. Lazare (op.cit. chap. VI) traite explicitement de l’influence du judaïsme sur l’hérésie protestante : « la tempête que chacun prévoyait fondit sur l’Église. Luther publia à Wittenberg ses quatre-vingt-quinze thèses, et le catholicisme n’eut pas seulement à défendre la condition de ses prêtres, il fallut qu’il combattît pour ses dogmes essentiels. Un instant, les théologiens oublièrent les Juifs, ils oublièrent même que le mouvement qui se propageait prenait ses racines aux sources hébraïques… C’est l’esprit juif qui triompha avec le protestantisme… Les Évangiles furent délaissés pour la Bible et pour l’Apocalypse. On sait l’influence que ces deux livres exercèrent sur les luthériens, sur les calvinistes, et surtout sur les réformateurs anglais… Aussi à ses débuts en Allemagne, le protestantisme chercha-t-il à gagner les juifs et, de ce point de vue, l’analogie est singulière entre Luther et Mahomet. Les deux tirèrent leurs doctrines des sources hébraïques, tous deux désirent faire approuver par les débris d’Israël les dogmes nouveaux qu’ils dressaient ». Nombre d’auteurs ont mis cela en évidence, qu’il s’agisse de Mgr Delassus (La Conjuration antichrétienne, 1910) et Mgr Freppel.
Dès lors, le magistère romain eut à lutter contre un magistère concurrent, qui n’avait jamais renoncé à s’imposer, celui du judaïsme talmudique, constitué en réaction au Christ, héritier qu’il est des Caïphe et Anne qui avaient imposé à Ponce Pilate la crucifixion de Jésus de Nazareth, refusant de le reconnaître comme le Messie annoncé par le prophétisme hébreu. Car le judaïsme talmudique, avec pour livres de référence, la Mishna et ses commentaires (talmudim) de Jérusalem et de Babylone, s’est constitué à partir de ce déicide comme l’ennemi juré, dans une dimension messianique, du christianisme et des chrétiens, le « Nouvel Israël ». Et, plus que concurrent, il en est l’ennemi. Ce dont à Rivarol nous avons parfaitement conscience. Une citation, parmi des dizaines, suffira à rappeler cette hostilité du talmudisme envers les goyim : « Les juifs sont des humains, non les goyim, ce sont des animaux » (traité Kerithuth 6b).
Jacques Maritain, alors proche de l’Action française, écrivit un article en juillet 1921 intitulé « De la question juive » (Œuvres complètes, T. II, p. 1195 et suiv.) qui met les choses au point :
« On doit attendre des juifs tout autre chose qu’un attachement réel au bien commun de la civilisation occidentale et chrétienne. Il faut ajouter qu’un peuple, essentiellement messianique comme le peuple juif, dès l’instant où il refuse le vrai Messie, jouera fatalement dans le monde un rôle de subversion, je ne dis pas en raison d’un plan préconçu, je dis en raison d’une nécessité métaphysique, qui fait de l’espérance messianique… le plus actif ferment révolutionnaire ». Le messianisme talmudique s’oppose au messianisme chrétien et, si les juifs sont convaincus de détenir la vérité, leur messianisme ne peut avoir d’autre vocation que celui de s‘imposer non seulement aux chrétiens, mais contre le christianisme et s’imposer à tous les peuples de la Terre. Le cadre institutionnel de cette domination a été exposé par le rabbin Elie Benamozegh qui, dans son ouvrage Israël et l’humanité (Albin Michel, 1977) expose la prétention du Juif à diriger les peuples de par sa qualité de peuple prêtre de l’humanité à travers la loi noachide (Jérusalem étant le centre religieux du monde, p. 372).
Le judaïsme talmudique étant polymorphe, cela permet une efflorescence de courants de pensée, allant des plus stricts moralement aux plus pervers. Surtout, la langue hébraïque est un continent ignoré, au mieux très mal décrypté par les peuples helléno-chrétiens : or, si comme le souligne Shmuel Trigano (L’Hébreu, une philosophie, Hermann, 2014), l’hébreu israélien est une « langue européenne qui parle hébreu » (p.25), la langue hébraïque a son génie propre qui lui permet de développer une “maïeutique”, une manière de penser, d’élaborer une philosophie qui n’entrent pas dans les cadres de la pensée indo-européenne et singulièrement hellénique, la pensée étant indissociable de la langue dans laquelle elle se forme. Cela doit être pris en compte lorsque l’on aborde les relations entre judaïsme talmudique et pensée helléno-chrétienne.
Le spirituel gouvernant le politique, le matériel, nous ne pouvons comprendre les enjeux présents où le magistère talmudique nourrit les actions de ses adeptes dans tous les domaines où ils peuvent acquérir quelque pouvoir, les effets de l’exercice de ce pouvoir étant immenses lorsque des Juifs ont su occuper des postes de direction importants et stratégiques, comme dans la banque, les media, la politique.
Dès cette époque, l’Église put bien redresser la situation — sans toutefois pouvoir éradiquer le protestantisme de la moitié nord de l’Europe, avec la Contre-réforme mise en place lors du Concile de Trente et qui se développa au cours du XVIIe siècle — le magistère du judaïsme talmudique avait acquis une position publique et constituait des bastions à partir desquels il allait pouvoir avancer.
La franc-maçonnerie
Ses voies de progression furent celles de la philosophie (pensons notamment à Spinoza qui influença les générations suivantes jusqu’à Hegel), des sectes maçonniques et de la finance. Dans le domaine philosophique, précisément, il bénéficia du développement d’un courant déviant de la philosophie traditionnelle à partir de Jean Duns Scot qui, avec son postulat de la pluralité des formes, détruisit l’hylémorphisme aristotélicien — qui assure l’unité de la substance concrète, autrement dit de ce qui est, à savoir l’ordre naturel de la matière et de la forme conçu comme la relation de la puissance à l’acte aristotélicien — par un ordre hiérarchique des formes superposées qui doit être alors chapeauté par une forme complétive achevant la totalité du composé et contenant de manière unitive la multiplicité de celui-ci, autrement dit par “l’invention” intellectuelle d’un élément tiers pour reconstituer l’ensemble. Sujet complexe et lointain, certainement, mais fondamental car à travers Occam qui y trouva une source d’inspiration (tout en s’opposant à Scot sur plusieurs points), ces idées matérialisantes ont cheminé à travers des penseurs comme Suarez, Descartes, Kant, Hegel (dont le schéma thèse-antithèse-synthèse apparaît d’une certaine manière comme l’aboutissement des distinctions soulevées par Duns Scot) et, in fine, des gens comme Sartre. Ce sujet n’est évidemment qu’effleuré présentement.
En ce qui concerne la franc-maçonnerie, cette secte, divisée en plusieurs obédiences depuis le XVIIIe siècle, se fonde sur les Constitutions d’Anderson de 1717 et est clairement d’inspiration talmudique, sinon cabaliste. Citons à nouveau Elie Benamozegh (op. Cit.) : « Ceux qui voudraient entreprendre la tâche d’examiner attentivement les questions des rapports entre le judaïsme et la Franc-maçonnerie philosophique, la théosophie et les mystères en général perdraient un peu de leur superbe dédain pour la Cabbale. Ils cesseraient de sourire avec condescendance à l’idée que la théologie cabalistique puisse avoir un rôle à remplir dans l’évolution religieuse de l’avenir ». Précisons que la cabale et son texte fondamental, le Zohar, qui ne sont rien d’autre que l’expression hébraïque de la gnose, développent le concept de l’homme, en tant que divinité incarnée. Ces textes correspondent à l’un des quatre niveaux de la pensée juive : le simple (la Torah), l’allusif (la philosophie), l’exigeant (la halakha) et le secret (Kabbale). Il y règne un panthéisme total : le monde sensible est consubstantiel à « l’En soi », faisant que « tout est Un » et l’âme, préexistant dans le Grand tout, doit se purifier par des réincarnations successives, autrement dit la cabale professe la métempsychose gnostique. Cette “métaphysique” cabaliste constitue un fondement majeur de la dérive spirituelle qui arrive à son développement maximal et est en train de détruire complètement les fondements des sociétés d’origine européenne, occidentale et chrétienne.
La franc-maçonnerie est l’une des structures du magistère anti-chrétien, plus précisément anticatholique qui est l’une des chevilles ouvrières de la destruction de la civilisation chrétienne occidentale. Elle a nourri la politique française depuis l’époque des Lumières, formatant les esprits et inspirant en quelque sorte la Révolution française, provoquant un renversement majeur, sans lequel nous ne pouvons pas comprendre l’époque déboussolée qui est la nôtre : le remplacement d’une conception du monde fondée sur l’ordre universel, qui dépasse l’homme, “fonctionnant” selon des principes auxquels il doit se conformer pour pouvoir vivre sainement et s’accomplir pleinement, à un ordre du monde anthropocentriste, fondé sur l’autonomie de la raison humaine, qui est ainsi sa propre justification et celle de l’ordre sociétal existant à un moment donné.
Le processus s’est développé depuis le XVIIIe siècle, selon un schéma dialectique de type hégélien selon lequel le concept contenu dans cette autonomie de la raison se dévoile à lui-même par des développements successifs faits d’oppositions qui mettent en évidence les contradictions de celle-ci et en cherchant à les dépasser.
Cette autonomie de la raison a conduit à l’apparition, au cours du XXe siècle, de la déconstruction, promue notamment par Jacques Derrida, un juif dont Pierre Magnard, l’un de ses condisciples, Rue d’Ulm, a écrit qu’il était « exclusivement soucieux de détruire ce qu’il ne pouvait pas s’approprier », autrement dit notre civilisation chrétienne » (Penser, c’est rendre grâce, Le Centurion, 2020, p. 72). Cette déconstruction est le stade — ultime ? — de cet acide désintégrateur qu’est le principe de l’autonomie de la raison et qui aboutit à ce que plus rien n’est vrai, plus rien n’a de sens autre que celui que chacun veut bien lui donner, les expressions contemporaines en étant les idéologies sataniques du genre et tous ses dérivés comme le mariage des invertis, les LGBT, etc.
Notons que ces amoralités sont en quelque sorte préparées par certains passages du Talmud qui légalisent des comportements pervers (cf. notamment le livre de l’abbé Rioult déjà cité pour les personnes pressées).
1789 et ses effets
Sans remonter au livre d’Édouard Drumond, La France juive, qui montrait combien la France républicaine était sous l’emprise du judaïsme politique, la composante talmudique de leur République française a été réaffirmée clairement lors d’un colloque organisé le 9 décembre 2025 par le ministère de l’Intérieur pour célébrer le 120e anniversaire de la loi de séparation des Églises et de l’État. A cette occasion, l’ancien ministre Vincent Peillon, a déclaré que « “Liberté, Égalité, Fraternité” était issue de la “République des Hébreux” et de la loi mosaïque. » Il s’appuie sur un rabbin libéral, Louis-Germain Lévy, auteur d’un texte publié en 1904, pour présenter une filiation intellectuelle entre judaïsme libéral, laïcité et esprit civique. Selon Peillon, la laïcité serait la « religion de la République française », fruit des réflexions conjointes de Juifs et de francs-maçons, et héritée du judaïsme.
Son raisonnement est le suivant : au XIXe siècle, des cercles progressistes (dont des francs-maçons) réfléchissent à une « religion universelle ». En 1860 naissent deux alliances : l’Alliance israélite universelle (défense des Juifs dans le monde) ; l’Alliance religieuse universelle (initiative libérale et maçonnique, à laquelle participent des rabbins). Selon Peillon, ces réflexions convergent vers une conclusion : cette religion que nous cherchons tous, qui unit sans dogme, existe déjà et « s’appelle le judaïsme » (dans son sens philosophique et émancipateur, inspiré de la loi mosaïque).
Que dire de plus ? Notons toutefois que ce rabbin Lévy est issu de la secte cabbaliste frankiste (du nom de Jacob Frank qui s’était certes officiellement converti au catholicisme, mais pour le conquérir de l’intérieur, comme Sabbataï Levy le fit en Turquie pour infiltrer l’islam et constituer le groupe des donmeh, des crypto-Juifs islamisés) ; qu’un cousin de Frank, Junius Frey, était venu en France et s’était inscrit au Club des Jacobins et avait, avant d’être guillotiné en 1794, publié un traité géopolitique intitulé Philosophie sociale, intégrant des concepts cabbalistes comme celui du « messie collectif », qui influença entre autres Ferdinand Buisson, l’un des “pères” de la loi de 1905. Notons aussi qu’un certain Ernest Hendlé, Juif, préfet de la République de son état, avait publié dès 1869 (Ed. Le Chevalier) un live intitulé La séparation de l’Église et de l’Etat…
La Révolution dite française étant la matrice de la déchristianisation de l’Europe, il ne faut pas être surpris de voir un Macron fêter Hanoucca à l’Elysée et lire les propos de von der Leyen, la “patronne” de l’U.E.. Lors de la réception de son diplôme de docteur honoris causa décerné par l’Université Ben Gourion du Neguev, elle a déclaré : « L’Europe, ce sont les valeurs du Talmud, le sens juif de la responsabilité personnelle, de la justice et de la solidarité. »
Elle a en quelque sorte réitéré ses propos à l’occasion de la célébration d’Euro-Hanoukka 2025 à Bruxelles, le 17 décembre 2025, dans les termes suivants : « Aussi loin que je sois allé, j’ai toujours été convaincu de deux faits très simples. Premièrement, il n’y a pas d’Europe sans Juifs européens. Deuxièmement, l’Europe et Israël sont destinés à être amis et alliés. […] Car l’histoire de l’Europe est l’histoire du peuple juif. Car l’histoire juive, c’est l’histoire européenne. La culture juive, c’est la culture européenne. Et cette culture doit pouvoir s’épanouir pour que l’Europe s’épanouisse, elle aussi. »
Voilà comment réécrire l’histoire, passer par pertes et profits deux mille ans de chrétienté !
Le bras séculier de la finance
Mais ce magistère est servi par un bras séculier qui est celui de la finance. Et, là encore, l’élément juif est éminemment présent et actif, sinon dominant, étant donné le poids des Rothschild et de leurs succursales, telle la JP Morgan dont Eustace Mullins (Les Secrets de la Réserve fédérale, p. 110 et suivantes) explique comment cette banque a été créée avec des capitaux des Rothschild de Londres, sur lesquels nous allons revenir.
Le prêt à intérêt est une arme de domination du monde des plus efficaces. Certes, les Juifs n’ont pas été les seuls à l’utiliser et les banquiers lombards en étaient des utilisateurs féroces. Mais ils en ont compris toute la puissance. Amshel Rothschild, le fondateur de la dynastie, le savait parfaitement.
Citons à nouveau Maritain (op.cit.) : « Je n’insiste pas sur le rôle énorme joué par les financiers juifs et par les sionistes, dans l’évolution politique du monde pendant la guerre (celle de 1914-1918, Ndlr) et dans l’élaboration de ce qu‘on appelle la paix. De là, la nécessité évidente d’une lutte de salut public contre les sociétés secrètes judéo-maçonniques et contre la finance cosmopolite, de là la nécessité d’un certain nombre de mesures générales de réservation qui étaient à, vrai dire, plus aisées à déterminer au temps où la civilisation était officiellement chrétienne ».
Le point de départ du développement de la puissance de cette finance juive est l’installation à Londres de banquiers juifs venus d’Amsterdam lors des dix années de pouvoir de Cromwell entre 1649 et 1659 et introduits par l’action du rabbin Manassé ben Israël, mis en scène par Victor Hugo en 1827 dans sa pièce Cromwell. Déjà, ce dernier avait suscité une politique d’intégration rapide des Juifs aux Pays-Bas et dont l’influence imprègne l’œuvre de Rembrandt et, en 1656, Cromwell accepta de facto les crypto-Juifs en Angleterre avant qu’ils ne soient légalisés sous le règne de Charles II, l’anti-catholicisme constituant un point commun entre juifs et protestants, tout autant qu’une tournure d’esprit que l’on peut génériquement dénommer comme talmudique.
Leur montée en puissance fut lente mais certaine. Si certaines fonctions ou activités leur étaient interdites, comme la possession de terres, le commerce colonial, l’absence de rigueur policière encourageait nombre de Juifs à contourner ces lois restrictives : les marchands séfarades non naturalisés pouvaient se dérober au Navigation Act en achetant des navires sous le nom de leurs commis anglais, et ceux qui souhaitaient appartenir à la noblesse terrienne se prenaient à enregistrer leurs acquisitions sous le nom de leurs employés chrétiens. À la Bourse de Londres, la fonction de marchands de titres leur était ouverte sans aucune restriction et si, depuis 1697, le nombre d’agents de change juifs était de douze sur un total de 124, ce chiffre leur était à l’époque proportionnellement très favorable — si l’on se rappelle que Londres comptait autour de 500 000 personnes en 1700, alors que la communauté juive avoisinait à peine le millier d’âmes !
Ce sont les Rothschild, Nathan Mayer puis son fils Lionel Nathan, qui firent de Londres la place financière centrale du monde européen, alors que le réseau des Rothschild, fondé par l’ancêtre Amshel Mayer (anobli à titre posthume par l’empereur François 1er d’Autriche en 1817), à partir de Frankfort, s’étendait sur l’Europe, en France, en Autriche, en Italie. Les Rothschild surent financer les deux camps au cours des guerres de la Révolution et de l’Empire, comme leurs successeurs et autres associés surent le faire au cours des guerres du XXe siècle, ce qui illustre la célèbre phrase de Paul Valéry : « La guerre (est) un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ».
Dernièrement, une héritière Rothschild, Hannah Rothschild, a déclaré sur la chaîne CNBC à l’émission CNBC Meets du 13 décembre 2025, « qu’aucun gouvernement ni roi, durant la période 1789-1815 n’envisageait d’aller en guerre sans le consentement des Rothschild ». Bien que ce ne soit pas le lieu de nous étendre sur le sujet, répétons que nous ne pouvons pas réellement comprendre les événements du monde contemporain, des guerres et agressions permanentes suscitées par l’Occident, sans s’intéresser à ses malodorants arcanes financiers.
Nous renvoyons aux ouvrages nombreux qui expliquent l’emprise des financiers juifs sur le monde occidental, notamment au cours de la première moitié du XXe siècle, avec les frères Baruch, Jacob Schiff, Kuehn & Loeb, et leurs alliés, voire prête-nom (comme JP Morgan) de la banque protestante, avec les Rockefeller notamment, qui sont à l’origine du système de Réserve fédérale créé en 1913 puis de la BRI (Banque des règlements internationaux), la « banque des banques ». Emprise qui se continue de nos jours à travers les banques comme Goldman Sachs, les Fonds Blackrock et Vanguard, entre autres, Vanguard étant, de par ses actionnaires et le fait qu’elle n’est pas cotée en bourse, donc “invisible”, l’organisation centrale de cette finance mondialiste et apatride.
Le poids de cette finance dans laquelle les Juifs jouent un rôle majeur, directeur, constitue l’outil principal qui permet à l’Occident d’étendre son influence et sa volonté de domination sur le monde et qui présentement, en ces années 2020, rencontre, catalysée par son arrogance, une opposition croissante et en cours d’organisation du « reste du monde », qui en regroupe l’immense majorité de la population.
Le basculement du XXe siècle
La puissance de la finance judéo-protestante à visage anglo-saxon permet au messianisme talmudique d’avancer ses pions sur les cinq continents.
Mais cette puissance est d’autant plus grande qu’en Europe, dans cet Occident chrétien, le magistère de l’Église, attaqué depuis le mouvement de réformation protestant, bousculé, si ce n’est ébranlé avec la philosophie des Lumières, a perdu l’essentiel de son emprise en ne parvenant pas à trouver la parade. Et, après une période d’affrontement commencée de manière politique à partir de la rupture de 1789 en France, le magistère romain a perdu l’essentiel de sa puissance après 1950 et le voile qui cachait une situation précaire s’est déchiré avec le Concile de Vatican II qui a enlevé aux baptisés catholiques leurs défenses immunitaires et l’église conciliaire et post-conciliaire s’est “noachisée”, encourageant ainsi une apostasie universelle.
Au cours du XIXe siècle l’Église catholique a pourtant fait mieux que résister à l’adversité du contre-magistère judéo-maçonnique et a impulsé par exemple, dans la France déchristianisée de l’après-révolution, un puissant renouveau du catholicisme au sein de la population et a nourri un puissant et fécond courant missionnaire de par le monde. Néanmoins, des poches de déchristianisation existaient, correspondant pour l’essentiel aux régions atteintes par le jansénisme — ce mal qui a rongé la France au cours du XVIIIe siècle en désespérant les fidèles et dont les « Nouvelles ecclésiastiques » étaient le poison insidieux — qui n’est rien d‘autre qu’un protestantisme (prétendument) catholique, un indice en étant ces promoteurs du jansénisme qu’étaient les Arnaud, descendants de protestants convertis.
Surtout, les élites françaises étaient infectées et la non-christianisation de l’Algérie y trouve sa cause, lorsque le maréchal de Bourmont fut remplacé dès l’automne 1830 par le maréchal Clauzel qui interdit tout prosélytisme, alors que les premières entreprises semblaient prometteuses.
Ailleurs en Europe, la chrétienté se maintint, notamment en Europe centrale. L’Empire d’Autriche-Hongrie en sera le porte-flambeau jusqu’en 1918, alors qu’ailleurs les monarchies chrétiennes disparaissaient comme en Russie et en Allemagne ou s’altéraient en devenant des républiques couronnées.
Les fascismes doivent être considérés en Europe carolingienne comme la dernière et noble tentative entreprise pour enrayer ce processus de destruction de notre civilisation européenne. Mais ils étaient eux-mêmes infectés par le modernisme et leurs fondements étaient à la fois anticatholiques et catholiques, signes d’une époque déjà marquée par une grande déstabilisation spirituelle. Néanmoins, la chrétienté vécut encore quelques temps en Espagne, jusqu’au milieu des années 1970 avec le général Franco et au Portugal avec l’Estado Novo de Salazar.
Dans l’Église romaine, le ver qui menaçait de la ronger, retenu par l’action de papes comme Pie IX dont le Syllabus est toujours d’actualité, Léon XIII et surtout saint Pie X, canonisé en 1954, finit par prospérer au cours du XXe siècle et aboutit au Concile Vatican II, lequel est, comme l’a significativement surnommé le “cardinal” Suenens, « 1789 dans l’Église », le père Congar — futur “cardinal” — soulignant qu’au Concile « l’Église a fait sa Révolution d’octobre », et Ratzinger, futur Benoît XVI, confessant que « Vatican II fut un anti-Syllabus ».
Il est à noter que l’action d’émissaires juifs comme Jules Isaac fit que l’Église romaine (qui par là même cessa d’être la véritable Église catholique) renversa sa doctrine traditionnelle pour professer que les Juifs étaient les frères aînés de l’Église dans la foi comme le déclara Jean-Paul II en 1986, faisant de facto passer le christianisme romain sous la coupe des Juifs talmudistes et s’insérant ainsi dans le cadre des lois noachides.
En écho, le Congrès des États-Unis a adopté dans le cadre de l’Education Day, le 26 mars 1991, la reconnaissance des lois noachides comme socle de la société américaine : « nous nous tournons vers l’éducation et la charité pour réorienter le monde vers des valeurs morales et éthiques contenues dans les sept lois noachides. »
Magistère mondialiste
Le magistère de l’Église catholique romaine a donc, dans la pratique, disparu au profit d’un magistère composite dont l’inspiration première est celle du talmudisme et que nous appelons magistère mondialiste, dans la mesure où il mêle des cercles de pensée qui, bien qu’inspirés du judaïsme talmudique à des degrés divers, ont leur identité propre, comme la société fabienne, les Rose-Croix, et autre Skull and Bones. Dans un pays comme la France, ce ne sont plus les évêques qui insufflent les idées de la vie sociétale mais le CRIF, les loges maçonniques et autres obédiences relevant de ces mouvances, comme SOS racisme, la LICRA.
Jadis, l’Église catholique avait instauré des lois contre le blasphème. Aujourd’hui, elles sont réapparues sous forme de lois mémorielles trop bien connues et subies, de lois antiracistes qui visent à empêcher cette réflexion dite libre. Mais il est possible sans être dérangé de proférer des injures au Christ et à la Croix.
Dès lors, parler aujourd’hui d’Occident n’a rien de commun avec l’Occident chrétien. C’en est une affreuse contrefaçon. Plus encore, l’absolue négation. Lorsque l’on assiste au déploiement d’idées, d’idéologies qui ne se contentent pas de nier l’ordre naturel du monde mais en promeuvent l’inversion, le terme Occident est aujourd’hui synonyme de civilisation sataniste. Dès lors, les membres des peuples d’Europe de l’Ouest ne peuvent plus, sous peine de confusion, de reniement coupable de leurs ancêtres, se qualifier “d’Occidentaux”. Il faut utiliser une autre appellation. Europe carolingienne ? Europe bénédictine ? Cistercienne ? Le concours est ouvert, car il faut un terme court, significatif et facilement mémorisable.
Quoi qu’il en soit, ne perdons jamais de vue ce qui doit être notre objectif et le sens de notre combat : rendre les peuples d’Europe à eux-mêmes. Cela passe par leur délivrance de l’occupation qu’ils subissent depuis déjà trop de décennies, sachant que quelques deux siècles d’éclipse ne peuvent prévaloir sur plus de deux millénaires de tradition gréco-romaine devenue chrétienne.
André GANDILLON, essayiste, ancien cadre local du Front national, ancien secrétaire général du Parti Nationaliste Français (devenu Les Nationalistes), président des Amis de Rivarol.


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